Oriane Raffin

Journaliste multimédia

Adam Kokesh, des champs de bataille d’Irak au pacifisme

12 mar, 2009 • Type de reportage: Articles

Adam Kokesh, 26 ans, est un tout jeune vétéran d’Irak. Engagé dans les Marines par patriotisme dès la sortie du lycée, il a servi dans la zone de Falloujah, pendant huit mois, en 2004. Aujourd’hui, il partage son temps entre ses études, son blog et les locaux de son association, dans un quartier résidentiel noir de Washington.

Aux murs du petit pavillon, des affiches contre la guerre en Irak, des appels à la paix. Les volets sont tirés. Deux jeunes vétérans sont là. Ils parlent à des journalistes. Ambiance sombre, souvenirs émus. L’atmosphère est lourde et les mots, pourtant maintes fois répétés, restent parfois bloqués au fond de leurs gorges.

Dans cette guerre, Adam Kokesh confie avoir perdu ses « illusions ». Lui qui voulait servir son pays, poursuit aujourd’hui son engagement, mais de l’autre côté, dans le camp des pacifistes. Co-président de l’association Iraq Veteran Against the War (Vétérans d’Irak contre la guerre), organisme qui calque son existence sur les mouvements d’opposition à la guerre au Vietnam, on le retrouve en tête de tous les grands rassemblements appelant à la fin de la guerre.

En novembre, Adam Kokesh ne sait pas encore à qui il accordera sa voix. Il pense soutenir, comme d’habitude, le candidat libertaire. Il faut dire qu’aucun des grands candidats ne lui donne satisfaction. Il les accuse de manipulation. John McCain brandit, selon lui, l’épouvantail du terrorisme pour convaincre les foules de la nécessité de rester en Irak. Les démocrates, eux, surfent sur la vague anti-guerre au sein de la population. Ils en ont déjà profité en 2006. Pour Adam Kokesh, les démocrates ont pris la décision de ne pas retirer les troupes d’Irak après leur victoire au Congrès, car c’est grâce à leur positionnement contre la gestion de ce conflit par Bush qu’ils ont été élus. Selon le jeune homme, ils souhaitent utiliser cet argument une seconde fois, en 2008.

Pour lui, une chose est sûre, l’Irak sera le premier critère de choix, à l’heure du vote. Au lendemain de l’élection, il prévient déjà : il sera là, pour vérifier que le candidat élu tienne ses promesses.

Article paru le 12/06/2008 dans Le Monde.fr

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